J'écris du fin fond de mon lit. Depuis une très jolie villa des Salins, près de St Tropez, que vous connaissez puisque nous y avons déjà passé de nombreuses vacances. D'ailleurs, plus j'y pense, plus je me dis que vous en avez vécu des trucs avec moi. Avec nous. Des trucs pas toujorus très drôles mais d'autres deshopilants, voir ridicules, j'en conviens.
Cela fait 4 ans, 3 mois, 14 jours que j'ai ouvert mon premier blog, pour partager avec vous la nouvelle de ma première grossesse. Alors j'étais encore serveuse interimaire et Adrien prenait son premier boulot de barman, 2 mois après avoir quitté sa première année de BTS en hotellerie restauration.
Aujourd'hui, 3 blogs plus tard, une bonne 15aines de boulots et 3 formations à nous deux, 1 mariage, quelques voyages, 2 ou 3 opérations, Beaucoup de bosses, des gros calins, des coups de chagrin, après 2 grossesses, 3 enfants, 1 appartement, 1 maison plus tard, 29 kilos de pris, 26 de perdus, des 10aines, voir des 100aines de copines en plus, quelques poignées en moins, nous y voilà...
Louca a un peu plus de 3 ans, Soren et Nael, vont fêter leurs 10 mois. Assistante maternelle, puis en congé parental, je tente, avec un petit et modeste, mais prometteur succès pour l'instant de devenir illustratrice pour la presse et l'edition. Grâce aux jolies personnes qui jalonnent ce chemin de vie que je me trace parfois maladroitement, je parviens à me frayer, petit pas par patit pas, assez de place pour mettre un pied devant l'autre sans trop trebucher bêtement.
Adrien est là. Il me tient la main. Il me tient sacrement bien la main. Il écoute, pas toujours c'est vrai, parfois même il refuse carrement le vilain crapeau, mais il est bien plus souvent le prince chamrant que la grenouille et sans lui ma vie ne serait pas la même. La vie commune avec lui est passionnante, terriblement desespérente et pleine d'espoir et de promesse. La vie ressemble à l'être humain et elle est fascinante. Epuisante souvent, mais je me dis que je n'aurais pas assez de toute une vie pour découvrir ce que l'avenir me reserve à ses côtés...
Louca va à l'école, sait compter jusqu'à 40 et connait son alphabet dans l'ordre et le desordre en majuscule et en minuscule. Il connait les couleurs, sait entourer, colorier, relier, barrer, tracer et chanter des chansons rigolotes. Il fait la sieste, se brosse les dents avec du dentifrice à la pomme ou à la fraise et ne met pas le tête sous l'eau. Il va aux toilettes tout seul. Il ne se passe toujours pas de tétine la nuit, continue à savourer son biberon de chocolat le matin devant la télé, rechigne à manger sans l'aide de personne, refuse de s'habiller tout seul, et traine encore son ours de partout. La periode du ''Non'' laisse place à celle du ''Pourquoi'' et je me demande hônnetement laquelle est la moins pire. Il est toujours poli et conciliant (la plus part du temps) mais refuse de lacher son regard effronté d'enfant buté lorsqu'il se fait rappeler à l'ordre. Il est toujours aussi blond, il est toujours aussi beau, et je mangerais bien toujours ses petits orteils en desserts ou en 4h...
Soren est toujours l'ainé, et pourtant il est toujours le plus leger. Nael n'est que sourire et perseverance, lorsque son frère préfère emplir les yeux de larmes lorsque quelque chose le tracasse. Soren me mange le menton de bisous et me reclame des calins jusqu'à plus soif, Nael préfère hurler d'enthousiasme sur ses mains porté au ciel en guise de triomphe et perfectionner sa technique de marche le long des meubles. Soren lui se contente du 4 pattes et ca lui va tres bien comme ça. Soren, déguste, Nael, dévore. 2 rhumes et 1 otite au compteur, 1 petite 10aine de vaccins, et toujours quelques cheuveux blond et eparsses sur leur crane duveuteux. Quelques difference physiques, juste assez pour en deduire qu'ils sont faux jumeaux mais bien fabriqués dans le même moule. Ils font ma joie et je me découvre la possiblité d'une patience et une douceur qui m'avait été encore un peu difficile à atteindre avec Louca. Je me surprends à prendre le temps de les regarder grandire, rire, evoluer, sangloter... J'ai du temps pour chacun, pour tout les 3, bien qu'il faille en trouver pour la maison, pour Adrien et pour mon travail.
J'ai commencer à écrire pour vous parler de la grossesse. Eh bien je vais vous en apprendre une bien bonne: La grossesse c'est pas simple. C'est même carrement la merde parfois. Au delà du physique c'est une vraie souffrance morale pour qui n'y serait pas préparée. La grossesse est autant de variations qu'il y a d'être humains sur cette terre et j'en serais bien incapable d'en donner une deffinition aujourd'hui. Encore moins après l'avoir vécu. Je crois juste que la réponse est en nous et qu'il n'y a pas de plus belle promesse que celle que l'on se fait à soit même de s'ecouter profondement, avec indulgence et respect. La vie à deux, ça commence avec soi-même. Je sais juste à présent que je ne sais rien. Et qu'on a pas assez d'une vie pour apprendre, pour se plaindre, et pour apprendre à ne plus le faire.
La vie c'est dur et ça vaux le coup. Parce que ça sert aussi a vivre, à decouvrir de jolies couleur lorsqu'on sait ou regarder. La vie ca craint mais c'est ce qui nous force, parfois, à fermer les yeux ou à decider de les ouvrirs. Et même une fois ouverts, c'est pas toujours facile. La vie c'est moche, c'est pas parfait mais en fait, c'est ça qui est beau.
Je sais ce qu'il me reste à faire à présent. Je sais très précisement ce à quoi je vais employer mes forces chaque jour. Je sais ou cherche le bonheur et plus important encore, où le trouver. Parvenir à s'arrêter un instant, quelque soit le caractère urgent que l'on peut bien preter à ce qu'il y a de si important à faire, là maintenant, tout de suite. Fermer, les yeux. Respirer. Respirer vraiment. Faire le vide. Les rouvrir de nouveau et poser un regard neuf sur le monde qui nous entoure. Le temps qui s'écoule n'est plus le même, Tout d'un coup, l'ordre de priorité change et ce qui est important ne l'est plus forcement. Il ne sert plus à rien de sentir, car on découvre que l'on est toujorus capable de ressentir.
Je veux prendre le temps. Je veux profiter, je veux savourer. Lorsque le poids des courses est trop lourd et que le temps me manque je veux ralentir le pas. Regarder autour de moi, et m'appercevoir que j'ai oublié depuis longtemps de regarder le ciel au dessus de ma tête. D'entendre les oiseaux chanter en pleine ville, de sentir le vent et ce rayon de soleil sur ma nuque, et mes pieds encoré dans le sol, et les enfoncer encore plus profondement. Et me souvenir à quel point c'est bon. A quel point c'est beau. Et d'un coup d'appercevoir les choses differemment. Je demande à cette dame, là, si elle veux bien partager sa voiture le temps d'un trajet retour, et partager un cupcake maison et une tasse de thé à la maison pour la remercier. Je veux, rencontrer, je veux ecouter, je veux raconter. Je veux vivre...
A Marjo, à Sabine, Elo, Mel, Nath, Amandine, Charlotte, Delphine, Iza, Lauréline, Guillemette(s), Laure, Auérlia, Sarah-Yanne, Bertille, Maud, Julie(s), Morgane(s), Aurélie(s), Céline(s), Celinette, Manue (From Quebec), Lucie, Flora-Katleen, Liette, La mère Joie, Gaelle, Betille, Gabrielle, Caroline, Marylène, Noemie, Elodie, Nadège, Emy, Laura, Virginie, Estelle, Géraldine, Chouquette, Maman, Papa, Dadou, Paul, Marc, Claudie, Claire(s), Kinay, Sandra, Brocciu, Mamanzen, Harmony, Les Antennes, Paroles de maman, Egg, Lady Butterfly, Romain, Eva, Leslie, Valentin, Chantal, Marie, Mamie, Papi, Enzo, Romeo, Jessika, Severine(s), Manu(es), Sophine, Sandrine, Orely, Loise, La volette, Soso, Les Dingues, Sabrina, Amélie, Justine, Clo, Sophie, Gaelle, Ptite Momo, Créakim, Titow, Tatiana, Louise, Jul', Les garçons, Jess, Audrey, Milena, D'jess (et hanna), Loise, Babouchka, Anaïs, Margaux, Caroline, Penelope, Mon mari, Mes enfants, Mme Panier, Mme Delaballe, Mme Lecoure, Mme Dauchez, Ma prof de français de 4ème, Mon prof de Philo de terminale, Berrnad Werber, au Cinema, à la Musique... Tout les autres et toutes les autres.
Il a mis la main sur l'appareil photo et sur son mode d'emploi. Il a appris à ne pas obstruer l'objectif avec son pouce. Et depuis il mitraille, pas toujours bien, mais
toujours avec beaucoup de spontaneité et de creativité. Mon fils n'est peut etre pas un genie mais il est généreux avec son modèle, que ce soit un casque de buzz, une jambe de woody, un pied
de tabouret ou une salopette de nounours...
Où est mon bébé? Rendez moi mon bébé!
C'est comme ça tout les jours, avec plus ou moins de variantes, pour tout et nimporte quoi. Le moindre moment de jeux ou de vie partagé, se transforme en cauchemars,
malgres les attentions qu'on multiplie pour lui faire plaisir. Vous rajoutez à ça 10kg en trop qui refusent de deménager, un mari qui travaille trop, avec qui vous n'echangez plus qu'un mot ou
deux pour vous prendre la tête avec lui, des pioutes qui ne dorment que le jour, 3 pantalons mouillés par le grand en 2 heures de temps et vous obtiendrez un apperçu de mon etat de
fatigue psychologique d'en ce moment.
