Il n’y a pas de parent parfait (partie 1)

Publié le par Ninitiou

Avant de vous plonger dans mes lecture je voudrais vous mettre dans de bonnes conditions je commencerais donc par cette introduction…

Faut-il se montrer tolérant envers soi-même en tant que parent ? La tolérance envers ses propres comportements destructeurs et le sentiment de culpabilité vont en réalité souvent de paires. Je préfère militer pour remplacer la tolérance par le véritable respect de soi. C'est-à-dire, sans tolérance aucune, regarder ses comportements excessifs comme tels, mais sans jugement sur sa personne. On peut se dire : ‘‘Si j’agis comme je fais, c’es que j’ai des raisons pour cela. Reste à découvrir ces raisons pour mieux retrouver ma liberté de me comporter comme je le désire vraiment’’.

Je vous invite donc à vous confronter à votre réalité dans les pages qui suivent sans tolérance aucune, mais avec respect, voire tendresse, envers vous-même.

La tendance à la dramatisation :

 

Anecdote 1 :

En fait, dès qu’il s’agit de nos enfants, il semblerait que tout prenne une autre dimension. Nous avons tendance à minimiser ou excuser le comportement des enfants des autres et à majorer celui des nôtres.

 Le petit garçon de 9 ans d’une amie oublie de fermer la bonde de la baignoire avant d’ouvrir l’eau : Une demi-heure plus tard, le bain n’est évidemment toujours pas prêt, puisque l’eau s’est écoulée. Vous l’excusez et freinez l’ardeur de son père à le punir. Vous le défendez même : ‘‘C’est pas grave, ça arrive, il n’a pas fait attention’’.

 Le vôtre au même âge, fait la même bêtise, vous êtes exaspéré par son manque d’attention. Il faut l’avouer, nous sommes prompt à pardonner aux autres ce que nous n’acceptons pas de nos propres enfants. Avec les autres, nos réactions ont tendance à être plus mesurées, plus sages et donc plus efficaces.

 

Anecdote 2 :

Les ‘‘fautes’’ et les ‘‘bêtises’’ de nos enfants nous plongent dans une tension extrême nous menant nous même à proférer des bêtises.

- ‘‘Hugo, viens ici tout de suite. Si tu ne te montre pas à trois, tu vas recevoir la fessée de ta vie !’’ En condensé, tant de choses dans cette phrases qui n’est inconnue à personne. Qu’à donc fait Hugo de si grave pour mériter la ‘‘fessée de sa vie’’ ? Qu’a-t-il fait déjà pour pousser sa maman à le menacer d’un châtiment corporel ? Je regarde la victime, Emeline. Ni Ecchymose, ni sang, elle court vers ses copines… Bousculée par son frère, elle est tombée et à couru se plaindre à sa mère.

Voici donc la très grande faute d’Hugo. La bousculade, certes, mérite sanction mais surtout élucidation : Qu’est ce qui motive cette agressivité du frère envers la sœur ? ‘‘La fessée de ta vie’’… La menace est clairement disproportionnée. Quel crédit peut apporter Hugo aux dires de sa mère ? Les fessées sont inefficaces, les menaces de fessées aussi, et que dire des menaces exagérées qu’on ne met pas à exécutions… Pourtant, presque tous les parents connaissent ces excès, ces abus de langages et parfois de pouvoir que sont les coups. Nos réactions émotionnelles nous dépassent. Elles nous mènent à des attitudes éducatives qui ne sont pas toujours celles que nous professons. Il nous arrive presque tous de sortir de nos gonds pour des événements qui ne justifient pas une telle ire. Nous le savons et cela ne manque pas de nous faire culpabiliser.

-‘‘C’est de sa faute ! Il m’a poussée à bout, il n’écoute jamais, il a un poil dans la main, il a ça dans le sang, il est insupportable…’’

Pas facile d’assumer ses écarts de langage ou de comportement. En général, nous projetons la responsabilité sur l’enfant. Avons- nous des réactions intenses parce que nos enfants exagèrent, ou exagérons-nous leur faute pour justifier l’intensité de notre réponse émotionnelle ?

 

Image de soi et poids de la culpabilité

 

Anecdote 1

Une cinquantaine de tables sur la pelouse, nous mangeons, parlons et rions. Tout à coup une pluie de petits cailloux sur mon dos… Je me retourne et découvre une petite fille d’environ deux ans. Encore tout étonnée des conséquences de son geste. Toute la table gronde. Son père surtout la tance vertement, quoiqu’à voix basse.

Je la vois interdite, face à cette réaction, dont elle ne comprend pas l’intensité. Elle jouait, n’avait pas conscience de faire mal… Alors elle fait ce que tout enfant de son âge fait quand il ne comprend pas, quand il est perdu : Pour comprendre ce qui s’est passé, elle va reproduire son geste… Elle reprend une poignée de cailloux en regardant son père bien droit dans les yeux. Voyant le père froncer les sourcils en regardant sa fille, je suis vite intervenue… ‘‘Elle n’a pas voulu faire mal, elle à dû être surprise…’’ Le père s’est tourné vers moi : ‘‘Vous avez des cailloux dans votre assiette ?’’ ‘‘Ca va, j’en ai juste reçu un peu dans le dos.’’ Nous avons échangé quelques mots, juste le temps de faire baisser la tension et de permettre à la petite fille d’entendre que les cailloux lancés avaient atteint quelqu’un. Elle a alors lâché ses cailloux.

En publique, tout se complique : Le regard des autres est là, il faut que nos enfants se tiennent bien ! Nous supportons d’autant plus mal leurs écarts que nous imaginons que ce regard extérieur est sévère. Avons-nous si peur du jugement ? Comme si les frasques de nos enfants parlaient de nous. Plus qu’une simple bêtise, l’enfant abîme notre image ! Nous imaginons l’opprobre jet » sur nous. Quand l’enfant se fait remarquer, le sentiment de culpabilité du parent n’est jamais bien loin.

 

Anecdote 2

Emmanuel a trente deux ans. Il ne veut plus voir sa mère. Il ne veut surtout pas lui confier son fils. Denise ne comprends pas : ‘‘J’ai toujours été une bonne mère’’, se dit-elle. Elle a raison. On peut lui faire confiance. Elle a toujours été attentive à être une bonne mère. Elle n’a jamais laissé un quelconque sentiment de culpabilité s’immiscer dans son cœur, ni doute, ni remise en question surtout. Denise n’a guère regardé, ni écouté Emmanuel. Elle s’est toujours préoccupée d’elle-même et de son image de mère. Elle a été une bonne mère, mais son fils à manqué de vraie tendresse. Il a été malheureux à ses côtés. Elle n’était pas attentive à ses vrais besoins. Elle donnait en fonction de l’image de ce que doit donner une mère. Quand Emmanuel se plaint de ne pas avoir existé à ses yeux, quand il dénonce certains de ses comportements, elle clame : ‘‘Mon fils invente, ça n’était pas comme ça.’’ Elle refuse de voir qu’il pourrait exister une autre réalité que la sienne. ‘‘Dans son enfance, il n’était pas comme ça, tout s’est bien passé’’ insiste t-elle.

Quand un enfant pose une question à son parent sur son enfance ou évoque des moments douloureux pour lui et que ce dernier, au lieu de réfléchir, décrire et raconter, lui répond : ‘‘Tout c’est bien passé’’ Vous pouvez traduire : ‘‘Je n’ai pas été attentif, j’étais centré sur moi, je n’ai rien vu (et je ne désir rien voir) de ce qui se passait pour toi. J’ai fais ce qu’il fallait, cela a fonctionné. Il nous faut donc apprendre à tolérer en nous une dose de culpabilité saine, qui nous permet d’être en rapport direct avec notre enfant et non avec nos certitudes. Le sentiment de culpabilité est ce qui nous permet de ne pas blesser autrui, pas seulement un sentiment désagréable qui nous donne l’impression d’être faible.

 

Publié dans Allô le monde

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Flor4-K4tleen 23/08/2009 15:01

Alors là faut que je te raconte un truc qui illustre plusieurs paragraphes en même temps...

Y'a pas longtemps Chéri et moi on a été mangé chez mon parrain, sa femme et mes deux petits cousins... Et avec nous il y avait des amis à eux qui ont eux aussi des enfants. Bref on se met à table, boit l'apéro etc etc puis Florent, mon cousin qui se trouve être aussi et surtout mon filleul était à côté de moi. Normal on ne se voit pas souvent, ça faisait 1 an! Je précise qu'il a 5ans tout juste.
On rigolait tous les deux, on s'amusait, et il a commencé à m'appeler mémère, mémé... et c'en est venu à Grosse Vache! Bon là je me dis il a 5 ans, je suis sa marraine je n'ai que 21 ans... Y'a forcément un rapport moins laxiste que si j'en avais le double! Mais quand même. Je lui dis "tu sais Florent c'est pas gentil de me dire ça, ça me fait de la peine parce que c'est quelque chose qui est méchant. " Le gosse qui s'en fout, alors je lui ai expliqué que j'attendais qu'il "s'excuse" (enfin pas vraiment mais qu'il comprenne que ça se dit pas). Il a dit non, alors je suis partie d'à côté de lui, enfin je me suis décollée. Et là il a été vexé. L'histoire pour moi s'arrêtait là. Mon parrain (son père) qui passe à côté à ce moment-là et demande si tout va bien, manque de bol le grand frère de Florent raconte le truc! Oulala mon Parrain a été très enervé, a tiré Florent de la table, l'a pris à part dans le jardin et a un peu gueulé expliquant que ça n'était pas bien, méchant et compagnie et qu'il devait s'excuser ou il serait puni dans sa chambre. Florent la tête de mule se taille, et va dans sa chambre pleurer. Mon Parrain qui le poursuit et l'engueule... Pendant ce temps là on entendait tout, personne ne disait rien... Et je me suis mise à chialer! Je me sentais tellement mal qu'il subisse tout ça à cause de moi, la honte devant tout le monde...
Je suis sortie de table et ait été le rejoindre, j'ai demandé à mon Parrain de nous laisser tous les 2. Florent a arrêté de pleurer, a dit pardon, et on a fait un gros calin.

Mais tout ça m'a rappelé toutes ces choses que j'ai subies moi-même étant plus jeune. A 18 ans je me suis prise une baffe en plein "Halle aux chaussures" parce que selon ma mère je n'arrivais pas à me décider assez vite et que j'étais chiante. Et ça c'est un aperçu. Et n'importe qui pourra dire que ce n'est pas parce que j'étais horrible, capricieuse ou autre, mais parce que cela venait de ma mère. Combien de fois des membres de la famille lui ont dit tu exagères ta fille est un ange, elle a de très bonnes notes, ne fait pas de conneries, ni rien... J'ai été brimée tout simplement parce que ma mère a eu une enfance sans trop d'amour et d'affection. Chose que je n'ai pas eu non plus, pas un seul je t'aime ma fille ou quoi que ce soit! Des cadeaux en pagaille mais le reste queudalle!

Et récemment mon père m'a avoué que s'il n'avait pas voulu de 2ème enfant, c'est pour que tout ça ne se reproduise pas de nouveau! Et entendre ça de la bouche de ton père c'est vraiment dur!!!

Alors quand cette histoire s'est passée, j'ai eu tellement mal pour mon filleul que j'ai craqué devant tout le monde, du mal qu'indirectement je lui faisais...
Mon parrain m'adore, adore son fils, mais pour lui c'était inconcevable que son fils dise des mots comme ça à sa propre marraine, qui habite à 900km, et qui était venue les bras chargés de cadeaux...

Maintenant c'est sur je peux comprendre, parce que je ne sais pas encore comment je réagirai en tant que mère. Je saurais ça le moment venu... Mais je sais qu'il y aura des séquelles de ce que j'ai subi. Parce que déjà maintenant c'est le cas!

Enfin bref tout ce blabla pour pas grand chose, mais ces anecdotes m'ont touchées...

Bizzz et bon dimanche :)

Ninitiou 23/08/2009 16:11


Ton premier exemple illustre parfaitement l'attitude demesurée du parents face à la betise du petit et cette pression sociale qu'il a sur les epaule et fais peser sur son fils au nom de la qualité
de sa propre image de parent. On est en plein dedant!!

Ne cherche pas. A ce moment ce ui a agacé ta mère etait exactement ce qui agacai la sienne lorsqu'elle faisait pareil. Tu peux en etre sure ^^.

Tu sais que ton père t'avoue ce genre de chose je pense que c'es tpositif. Tu verra un autre exmple qui te parlera de ça dans un des prochain article. Il faut mettre des mots sur les choses et au
depart ton père ne voulais pas reproduire le shéma, cela n'a rien a voir avec ta personne a proprement parlé mais avec une histoire personnelle et la peur de faire un mauvais choix. Il a chercher a
se preserver et a te preserver en evoquant la possibilité de na pas avoir de 2ème enfant. Mais ne t'aime t'il pas pour autant?

Merci beaucoup ne nous faire partager tout ca. J'espère que les prochains articles te parlerons tout autant. Voir meme plus car ils apportent des solutions et des ouverture vers des comportements
qui peuvent resoudrent les problemes.


Malicia 21/08/2009 15:06

la dernière anecdote ressemble exactement à mes parents, ils ne reconnaissent pas que ça s'est mal passé depuis mon enfance jusqu'à mon départ de chez eux. Ils disent que j'invente tout!

Ninitiou 21/08/2009 17:25


Il faut être indulgent envers eux aussi. Ca demande beaucoup de courage de se remettre en question. Ma mère a ses tords, j'ai très certainement les miens, elle a fait de son mieux et au final a
souvent pris les bonnes decisions meme si nos rapport n'ont pas toujours eu la meme chance. Aujourd'hui que je suis adulte nous avons appris a vivre l'une avec l'autre toujours grace à la tendresse
que nous avons eu envers l'autre quoiqu'il arrive. Mon developpement personnel aujourd'hui ne me demande pas d'avoir besoin qu'elle fasse ce travail. Sa vie lui appartient, je n'ai pas a juger ou a
lui intimer l'ordre de le faire si sa vie lui convient ainsi. J'ai appris à construire ma vie en marge de ma propre histoire autant que possible. Ce que d'après moi ma mère a aussi essayé de faire.
J'aurais toujours du respect pour ce qu'elle a entreprit pour nous. Si nos point de vue diverge sur enormément de point nous avons au moins du respect l'un envers l'autre, ce qui n'a pas toujours
été le cas.